Dans les 15 années à venir, plusieurs tendances majeures et globales vont drastiquement modifier le paysage automobile. D'après une étude de Roland Berger Strategy Consultants auprès de plus de 60 experts dans le secteur automobile, le secteur ne pourra se contenter de "réinventer la voiture". Le secteur est à l'aube du changement le plus important de son histoire. Roland Berger avance 3 scénarios possibles pour le secteur d'ici 2025.
Suite aux changements géopolitiques, aux modifications démographiques de la population mondiale, l'évolution de la mobilité et du développement continu de nouvelles technologies, Roland Berger a identifié dix tendances dans le secteur de l'automobile:
1. Délocalisation vers l'Asie
Il va y a voir une délocalisation drastique des capacités de production et des ventes en Asie. Une délocalisation vers les pays à bas salaires est attendue. Au total, ce sont près de 300,000 emplois qui sont en jeu en Europe.
2. "Small is beautiful"
Le segment A/B devrait connaître une croissance massive dans le monde. Dans le même temps, les voitures bons marchés, déjà extrêmement populaires, continueront à répondre aux besoins d'une partie de la population de pouvoir se mouvoir à bas prix.
3. La "démotorisation"
Surtout chez les jeunes, la voiture est en train de perdre sa pole position. Le taux de motorisation est en recul dans les grandes villes et, dès 2025, cette diminution ne sera plus limitée aux pays industrialisés.
4. Les voitures électriques
Les prévisions les plus optimistes prévoient que, en 2025, 10% des voitures vendues seront électriques, 40% seront des voitures hybrides, et 50% seront encore des voitures traditionnelles (essence ou diesel).
5. Toujours en ligne, toujours connecté
En 2025, la grande majorité des véhicules seront constamment connectés, et recevront et enverront des informations. La connectivité sera devenue une caractéristiques essentielles. Toutefois, des solutions intelligentes en vue de réguler le trafic et réduire les embouteillages ne seront pas développées avant 2025.
6. De nouveaux modèles économiques
Les acteurs dominants devront faire face à des concurrents à bas coûts, à des challengers technologiques, et à l'apparition de nouveaux modèles économiques. Des écosystèmes mobiles, tel le "carpooling" ou le "car-sharing" devront être considérés très sérieusement en 2025.
7. Le manque d'ingénieurs et de spécialistes
Les pays avec une population vieillissante auront un déficit d'ingénieurs et de spécialistes. Les OEMs et les OESs ne pourront pas suffisamment élargir leurs compétences dans le domaine de la R&D, essentiellement sur le plan des sciences, de la technologie et de l'ingénierie.
8. Les entreprises GLO/CAL
Les acteurs globaux les plus performants seront de moins en moins centralisés. Ce seront plutôt des acteux mondiaux mais disposant d'activités locales. En 2025, ces acteurs auront de nombreuses unités opérationnelles décentralisées qui pourront rapidement s'adapter aux spécificités et besoins locaux.
9. La flexibilisation du secteur
Le secteur de l'automobile doit impérativement s'ouvrir et apprendre des autres secteurs. Seules les entreprises les plus flexibles pourront rester compétitives.
10. La prolifération et la consolidation
Alors que la consolidation va se poursuivre pour les OESs, le nombre d'OEMs va à nouveau augmenter. De nouveaux acteurs, provenant également d'autres secteurs, vont arriver.
Sur base de ces résultats, Roland Berger a développé 3 scénarios qui décrivent à quoi le marché pourrait ressembler en 2025:
1. Le scenario "High-Tech"
Suivant ce scénario, toute une gamme d'accessoires sera développée et permettra aux utilisateurs d'être constamment connectés à Internet durant leur trajet.
2. Le scenario "Budget"
Dans ce scénario, le pouvoir d'achat aura sensiblement diminué suite à l'augmentation des impôts, à l'inflation et à l'augmentation des bas salaires. Les voitures deviendront alors moins abordables et l'argent qui y est actuellement consacré sera dépensé à d'autres fins, souvent plus importantes que le transport
3. Le scénario de la "durabilité"
D'après ce scénario, les comportements des consommateurs seront fortement influencés par les législations et les impôts mais aussi par une prise de conscience générale concernant la durabilité.
Quelque soit le scénario qui se réalisera, le plus important sera pour les acteurs automobiles de rester ouverts et de devenir de plus en plus flexibles.
| 30/08/2011 | Stijn Phlix