Une cinquantaine des décideurs du secteur fleet en Belgique ont assisté à la première édition de la Fleet & Business Academy Expert Session qui a eu lieu à Bruxelles ce jeudi 18 juin. Des prestataires de services fleet et des fleet-owners ont tenté de dégager ensemble des solutions et des stratégies pour optimiser la gestion de flotte en ces temps de crise économique.
Au cours de la matinée, différents experts fleet et autres experts en automobile et en mobilité ont exposé leur vision de la crise et de l'avenir qui nous attend. C'est ainsi que Stéphane Verwilghen, Managing Director d'Arval Belgium, a approfondi la problématique vécue par les sociétés de leasing, en se concentrant plus particulièrement sur la hausse des coûts générés par les voitures, le problème des valeurs résiduelles ainsi que l'évolution des différents postes du contrat de location. Stéphane Verwilghen a conseillé aux fleet-owners de bien analyser les durées et les kilométrages des contrats de leasing en cours et de bien les suivre. Il est également souhaitable à ses yeux de reprendre les frais de carburant et la contribution CO2 dans les budgets auto, de manière à générer une gestion des coûts aussi efficace que possible. Joost Kaesemans, Directeur Communication de FEBIAC, a pour sa part examiné le marché automobile actuel et a rappelé les développements durables que le secteur automobile a réalisés ces dernières années. Il a également souligné le hiatus existant entre, d'une part, les efforts réalisés par les constructeurs automobiles en matière d'économie de carburant, de diminution permanente des émissions de CO2 et de respect de normes EURO sans cesse plus strictes, et, d'autre part, l'absence de vision politique concertée entre les niveaux régional, fédéral et européen.
Case study
Etienne Verhelst de chez Belgacom et Ghislain Vanfraechem de chez Ernst & Young ont présenté des case studies concernant respectivement la maîtrise du coût total d'utilisation de la flotte au moyen d'un système transparent de management des coûts (Belgacom), et le développement d'une politique de mobilité durable (Ernst & Young). Ces deux fleet-owners ont, grâce aux approches qu'ils ont développées, réalisé d'importantes économies sans mettre à mal la motivation des conducteurs. Cette partie théorique s'est clôturée par un exposé de Wouter Florizoone sur Mobimix.be, une plate-forme digitale destinée aux décideurs, aux responsables mobilité et autres professionnels dans le domaine de la mobilité et du transport, ainsi que par une intervention de Michel Willems de chez Mobilitas qui a expliqué l'importance d'un plan de mobilité réfléchi.
Workshops
L'après-midi, les participants ont été répartis en trois groupes pour échanger idées et expériences autour de trois thèmes: la gestion de flotte au quotidien en temps de crise, comment préparer 2010 et une stratégie mobilité pour 2012.
1) Dans la gestion de flotte au quotidien, on distingue les coûts directs, comme le loyer mensuel, ou les frais de carburant et d'assurance, qui sont bien connus, et les coûts indirects qui peuvent être mieux "managés". Et ici, d'après les participants au workshop, il existe encore des possibilités de réaliser des économies. C'est ainsi, par exemple, que la voiture de remplacement peut éventuellement être supprimée du contrat, parce que celle-ci est souvent proposée gratuitement par le loueur. Il peut aussi être profitable de travailler avec moins de partenaires, de façon à mieux jouer sur les volumes. Il est enfin souhaitable de communiquer régulièrement avec les conducteurs, de manière à minimaliser les coûts indirects liés au comportement adopté au volant.
2) Le deuxième groupe de travail a confirmé l'intérêt d'un management efficace des coûts indirects. Il a ensuite été souligné qu'à l'horizon 2010 l'impact des émissions de CO2 sera encore plus important, ce qui fait que les voitures "écologiques" vont encore gagner en intérêt. Le downsiszing (puissance et/ou cylindrée revue à la baisse) est aujourd'hui une réalité, mais le downgrading ne devrait pas être en reste (passage à des voitures plus petites), vu que les budgets consacrés au leasing par les entreprises restent stables, alors que les prix des voitures et des contrats de location vont augmenter. A côté de cela, on s'est accordé sur l'importance du comportement de chacun derrière le volant, mais l'introduction de cours d'ecodriving n'est pas toujours évidente. Il faut convaincre la direction qui doit en outre être disposée à donner l'exemple. De plus l'ecodriving, pour être profitable, nécessite un suivi réel sur une longue période. Combiner de tels cours avec un système d'incentive peut constituer ici une bonne source de motivation.
3) La mise sur pied d'une politique de mobilité multimodale n'est pas une évidence. Aujourd'hui existent quelques solutions ponctuelles (bus, tram, métro, train, …) qui ne sont pas suffisamment accordées entre elles: il reste donc encore pas mal d'écueils à franchir avant de faire passer l'automobiliste à une mobilité durable. Le flou régnant au niveau fiscal quant à l'utilisation combinée de différents modes de transport et le manque de vision politique concernant la problématique de la mobilité constituent des handicaps de taille au développement d'une politique de mobilité efficace. La voiture devrait dès lors rester, au cours des prochaines années, le moyen de transport le plus important et le plus confortable.
| 19/06/2009 |