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Fleet & Business Academy: Le profil du conducteur devient essentiel

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Avec la hausse des prix du carburant et une fiscalité plus contraignante des voitures de société, il s’agit, pour le gestionnaire de flotte et le conducteur, de se montrer plus prudent que jamais dans le choix du carburant du véhicule de société. La gestion du comportement du conducteur est également cruciale pour la maîtrise du coût d’utilisation totale ou TCO. C’est le message essentiel de la Fleet & Business Academy Expert Session qui s’est tenue le 1er décembre dans les bâtiments de Toyota Motor Europe à Evere.

Quelque 75 fleet professionals ont répondu présent à la Fleet & Business Academy Expert Session qui avait cette année pour thème ‘gestion du carburant et nouvelles technologies automobiles’. Divers experts ont partagé leurs points de vue sur ce sujet dans le but de diriger la gestion de flotte vers davantage d’efficacité au niveau des coûts et vers plus d’écologie. Par ailleurs, les services de mobilité adaptés qui tentent de conquérir une place dans les flottes ont fait l’objet d’une attention particulière. Cette Expert Session tombait en même temps que l’annonce des mesures budgétaires prises par le gouvernement Di Rupo en matière de véhicules de société. Inutile de dire que l’explication donnée par l’expert fiscal Bart Vanham fut écoutée religieusement par la salle (retrouvez plus d'informations à ce sujet dans la prochaine édition de Fleet & Business et sur ce lien).
 
Prix du carburant
C’est Daniel Debrouwer, Managing Director du spécialiste en consulting Eurofleet Consult, qui a ouvert les débats en affirmant que la hausse des prix du carburant ont entraîné une augmentation du budget mensuel pour une voiture fleet moyenne (30.000 km et une consommation de 6 l/100 km) passant de 150 € par mois à 203 € par mois, ou une hausse de 7 % dans le coût d’utilisation total de la voiture. Cet impact sur la structure de coûts d’une gestion de flotte ne peut que s’accentuer. « On ne sait pas encore quand, mais il semble que nous nous dirigions vers un prix du pétrole de 2 € le litre », estime Daniel Debrouwer qui a ajouté que le choix du véhicule et le comportement du conducteur constituent d’autres facteurs importants dans la maîtrise des coûts. « 20 grammes de CO2 de plus signifie un coût supplémentaire en termes de consommation de 26 €/mois tandis que la contribution CO2 pour l’employeur augmenterait dans ce cas de 17 €. Ajoutez-y la taxe supplémentaire qui est la conséquence des dépenses non admises (12 à 18 €/mois) et vous arrivez vite à un surcoût potentiel de 70 à 100 €, soit une augmentation de 8 à 13 % du TCO. » Aujourd’hui, une gestion de flotte stratégique est une gestion qui tient vraiment compte des évolutions énergétiques.
Guido Schouteet de Fleet&DriverCare a jonglé avec des chiffres quasi identiques et en a conclu que le comportement du conducteur et le management des véhicules méritent une priorité absolue. « Tant dans le choix de la voiture que lors de son utilisation, c’est surtout le responsable de flotte qui doit prendre l’initiative », explique Guido Schouteet. En guise d’exemple, il a indiqué le fait que 8 conducteurs sur 10 ne roulent pas avec la bonne pression de pneus, ce qui génère une consommation supplémentaire de plus de 0,5 litre.
 
TCO
Si nous examinons la structure de coût d’une voiture au diesel traditionnelle, nous constatons que le financement constitue toujours le poste le plus important (45 %). Mais les coûts de carburant grimpent et atteignent aujourd’hui entre 20 et 30 % du TCO. Deuxième élément en progression : le volet fiscal (environ 15 %) avec la donnée CO2 comme paramètre central. A l’avenir, nous pouvons nous attendre à ce que les 2 éléments pèsent toujours davantage dans la structure de coûts de l’utilisation de véhicules au diesel et à essence. Si nous examinons le TCO de véhicules full hybrides, plug-in hybrides et électriques, l’exercice relève de l’exploit. Ce qui est clair, c’est que le TCO de ce type de véhicule dépend fortement de l’utilisation, du trajet et du style de conduite du conducteur. Si la fiscalité est plus favorable, tout comme l’entretien et le coût de carburant, le prix d’acquisition est entre 7.000 (plug-in hybrid) et 15.000 € (VE) plus élevé que pour un véhicule thermique comparable tandis que la valeur résiduelle est estimée à un niveau sensiblement plus faible. Les experts présents pensent qu’un TCO concurrentiel pour ces nouvelles technologies ne peut être atteint que si l’on roule suffisamment avec le véhicule en question, que si la recharge de la batterie s’effectue correctement et favorablement, que si le conducteur montre un comportement de conduite efficace et que si ces véhicules trouvent plus aisément accès au marché de manière pouvoir générer des économies d’échelle. Tant que ce n’est pas le cas, des incentives fiscales claires seront nécessaires pour que ces véhicules restent vendables.
 
Smart grids
Joost Kaesemans, Directeur Communication de FEBIAC, a fait un exposé particulièrement intéressant sur l’électrification du parc et pense que la présence des VE dans les flottes d’entreprise peut stimuler leur acceptation dans notre mobilité sociale. Joost Kaesemans a indiqué que parmi toutes les nouvelles technologies de propulsion, l’hybride et l’électricité seront sans doute à terme promis au plus bel avenir. L’électrification de la mobilité modifie la relation entre l’utilisateur et le produit auto et demande une approche encore plus personnelle du secteur automobile afin de mieux servir l’utilisateur. Selon Joost Kaesemans, il n’est pas impensable que les autorités doivent changer leur ambition de donner la possibilité à tout le monde d’acquérir une voiture pour adopter une autre ambition, celle de garantir une mobilité adaptée à chacun. En outre, l’intégration des voitures électriques va générer de nouveaux ‘business models’ intéressants. Notamment avec le développement de smart grids ou réseaux d’électricité intelligents qui permettent non seulement de stocker du courant pour les VE mais aussi de le mettre à disposition. Le véhicule électrique en tant que fournisseur de courant donc. « Via smart grids, les VE pourront stocker de l’électricité bon marché aux heures creuses pour ensuite la revendre à un prix plus élevé pendant les périodes de pointe. » Mais ce n’est pas pour tout de suite. Bien que chez Siemens, un micro grid – comprenez un smart grid en miniature – soit à l’essai. En effet, la société participe depuis peu à la plate-forme Volt-Air, un des projets expérimentaux mis sur pied par le gouvernement flamand pour la promotion des voitures électriques dans les flottes. Rob Custers : « Nous avons repris des Volvo électriques C30 et des smart dans notre parc. Ils sont branchés à deux micro grids sur nos sites de Huizingen et d’Anderlecht. Grâce à ces réseaux d’énergie intelligents, les voitures peuvent non seulement utiliser leur énergie, mais aussi la stocker. Cette énergie peut alors, en fonction de la demande, être transférée d’un site à l’autre. » Micro grids et, par extension, les smart grids représentent, selon Rob Custers, l’avenir et sont une condition absolue pour forcer une percée des voitures électriques.
Rob Custers a encore laissé entendre que les utilisateurs de VE se débarrassent rapidement de leurs préjugés concernant la faible autonomie. « Une fois que vous avez roulé à l’électricité, les craintes s’estompent rapidement. Il est dès lors important que les utilisateurs partagent leurs expériences avec d’autres personnes intéressées. » La société de télécoms Mobistar joue également un rôle de précurseur sur le plan de la mobilité électrique. Karel Boussu, Facilities & Real Estate Manager de Mobistar : « Le but est qu’en 2015, 5 % de notre flotte de 1.000 véhicules soient composés d’unités hybrides ou électriques. Nous voulons arriver à ce que 10 % de  notre personnel utilisent le vélo ou la moto. Nous aimerions qu’un tiers de nos employés qui ne disposent pas de voitures de société, empruntent les transports en commun. Mobistar compte, en outre, introduire la formule du budget mobilité. Via ce système, les employés ont le choix de combiner une voiture de société à un mode de transport alternatif comme la voiture électrique, le train, le vélo, … L’an prochain, Mobistar veut étendre l’offre avec des vélos pliants, des scooters électriques et même offrir la possibilité de travailler dans des ‘flex offices’. Par ailleurs, dès 2012, le choix des véhicules sera étendu à des modèles hybrides et électriques disponibles sur le marché. Chez Mobistar, on souhaite aussi introduire un programme de leasing flexible en proposant au conducteur une voiture électrique pour le travail et un véhicule plus imposant pour les vacances.
 
Stijn Phlix
Steven Schoefs 

Nous voudrions remercier les sponsors de la Fleet & Business Academy: Toyota Belgium et VitaeMobility. 
05/12/2011  | 
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