La BBL veut toucher fiscalement la voiture de société, LeasePlan réagit
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Le Bond Beter Leefmilieu (BBL) incite le formateur Di Rupo à épargner 4 milliards € sur le soutien fiscal accordé aux véhicules de société.
Selon la fédération écologique, les véhicules de société sont coresponsables des embouteillages et de la pollution parce qu’ils effectuent des centaines de milliers de km inutiles. Et ceci au détriment du contribuable. Toujours selon la BBL, 2/3 des déplacements des véhicules de société dans notre pays sont effectués à des fins privées, comme les déplacements domicile – lieu de travail. « Une étude de 2009, effectuée par différentes universités, a montré qu’une voiture de société parcourt en moyenne jusqu’à 9.200 km de plus que la voiture particulière d’une personne au profil identique. « Ceci est notamment dû au fait qu’un grand nombre de conducteurs de véhicules de société ne doivent pas ou quasi pas contribuer aux coûts de ravitaillement », selon la BBL. C’est pourquoi la BBL propose, au nom de quelques fédérations écologiques belges, de réformer la fiscalité des véhicules de société. « Le formateur Di Rupo a une occasion unique d’économiser 4 milliards € », entend-on.
LeasePlan : « pas d’alternative valable »
Fleet & Business a demandé une réaction de la société de leasing LeasePlan. Et elle n’a pas traîné. « Les fédérations écologiques sont culottées », lance Michel Van den Broeck, Managing Director de LeasePlan Belgique. « Nous concevons bien que la voiture n’est pas la solution de transport la plus écologique. Mais aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative pour les déplacements du Belge actif. La voiture de société est indispensable dans un ensemble de moyens de transport. Et cette voiture de société est d’ailleurs de plus en plus écologique. »
LeasePlan réfute aussi l’affirmation de la BBL selon laquelle une suppression de la réglementation fiscale favorable aux véhicules de société entraînera moins de km superflus et pourra donc être une solution structurelle aux problèmes d’embouteillage.
Michel Van den Broeck : « Nous nous demandons franchement comment ces gens se déplaceraient dans ce cas. Une première possibilité semble consister à acheter sa propre voiture et à supporter ainsi soi-même et totalement le coût des déplacements. Les vendeurs d’automobiles apprécieront ce scénario, mais ce ne serait absolument pas une bonne affaire pour l’environnement. Les conducteurs particuliers roulent en moyenne 8 ans avec leur voiture. Alors que le contrat de leasing moyen dure 4 ans. Après, la flotte est remplacée par des véhicules neufs, plus économiques, plus sûrs et plus écologiques. »
Pas de transport public vers les entreprises
« Par ailleurs, le transport public historique est pointé par les fédérations écologiques comme la solution de sauvetage ultime », explique encore Michel Van den Broeck. « Mais la situation des entreprises et parcs industriels est un paramètre souvent sous-estimé. De plus en plus souvent, ceux-ci ne se situent plus dans les centres villes aisément accessibles en transport public, mais plutôt dans les communes périphériques où le train et le bus sont exceptionnels. L’an passé, De Tijd, L’Echo et BECI représentant les employeurs ont chiffré qu’une entreprise bruxelloise sur 3 a l’intention de quitter la capitale. Parmi les principales raisons : une meilleure mobilité. Ceci s’ajoute à l’exode de Bruxelles d’un groupe de multinationales en 2005. Des entreprises telles qu’Ericsson, Cisco, IBM et Sony ont alors préféré s’installer dans les communes périphériques plutôt que dans le centre. Le siège principal de LeasePlan à Zaventem ne fait pas exception à la règle. »
Michel Van den Broeck souligne que le transport public est devenu indispensable pour de nombreux Belges, mais il est loin d’offrir une solution de transport à chaque personne active. « Les voix qui se font le plus entendre contre les voitures de société proviennent surtout de la fonction publique ou des instances semi publiques. Il s’agit d’un groupe d’employés qui travaillent généralement dans les centres villes, qui sont sans doute parfaitement desservis par l’offre actuelle de transport public et qui en profitent le plus souvent gratuitement. Quid ici de l’avantage en nature ? »
Asociale
« Ensuite, on peut aussi se demander si le détournement des coûts de crise sur les conducteurs des voitures de société ne constitue par une proposition particulièrement asociale. Pourquoi ces travailleurs doivent-ils être sanctionnés pour avoir atteint un certain niveau dans leur carrière ? La charge fiscale sur le travail est en Belgique si élevée que les voitures de société sont plus que jamais devenues un outil RH dans la politique salariale. Renflouer les caisses de l’état doit dès lors reposer sur une vision sociale d’avenir bien plus large. En tout cas, le système actuel des voitures de société assure une injection considérable dans l’économie nationale, tandis que le transport public vit par la grâce des subsides publics. Pour LeasePlan, la voiture de société est et reste un maillon nécessaire dans le modèle de transport du Belge. »
Lire aussi ICI la réaction commune de FEBIAC, Renta et FEDERAUTO sur la taxation éventuellement plus lourde de la voiture de société.
| 21/10/2011 | Stijn Phlix
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