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Les pneus «verts» se développent

L’engouement est fort pour les pneus à faible résistance au roulement, qui permettent d’économiser du carburant. Mais il reste indispensable de vérifier la pression, qui a une influence directe sur la consommation.

L’influence des pneumatiques en matière de consommation de carburant est trop souvent sous-estimée. Les pneus sont pourtant responsables d’environ 20% de la consommation d’énergie d’un véhicule de tourisme (30% pour un poids lourd), soit un plein de carburant sur cinq. Le contact entre le sol et les pneumatiques génère en effet une résistance qui ralentit l'allure de la voiture. Les manufacturiers se sont donc attelés à diminuer la résistance au roulement des pneumatiques.
 
Réduire les émissions
Tous les grands manufacturiers disposent aujourd’hui de pneus à faible résistance au roulement dans leur gamme. C’est Michelin qui a ouvert la voie : le fabricant a lancé son premier pneu «vert» en 1992. Les concurrents se sont depuis engouffrés dans ce nouveau créneau, comme Pirelli avec la famille Cinturato ou encore Goodyear et sa gamme EfficientGrip. Ces pneus «éco» permettent de réduire la résistance au roulement jusqu’à 20%. Ce qui se traduit par une diminution de 3 à 4% de la consommation, et par une réduction des émissions de CO2 de 2 à 4 g/km. Les constructeurs automobiles sont très intéressés par les pneus à faible résistance au roulement, car ceux-ci peuvent les aider à atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par la Commission Européenne.
 
A bonne pression
Pour qu’un pneu donne le meilleur de lui-même (tant au niveau de la consommation que de l’adhérence), il faut qu’il soit gonflé à la bonne pression. «L'impact du sous-gonflage sur la consommation de carburant est prouvé : à 90 km/h, un sous-gonflage de 1 bar par rapport à la pression recommandée engendre une surconsommation allant jusqu'à 3%. Un pneu sous-gonflé génère en effet une mauvaise répartition des pressions au sol, il se déforme, s'échauffe et absorbe une part croissante de l'énergie du moteur. Il s’use alors aussi plus rapidement», explique-t-on chez Michelin.
 
La fin des huiles aromatiques
Si les manufacturiers investissent beaucoup dans la diminution de la résistance au roulement de leurs produits, ils sont aussi, depuis janvier dernier, soumis à une norme environnementale fixée par l’union européenne et portant sur la limitation des huiles aromatiques entrant dans la fabrication des pneus. Les huiles aromatiques, contenant une grande part d’hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA), sont utilisées comme plastifiants et sont nocives pour la santé et l’environnement. Elles constituent l’une des principales causes de la pollution urbaine, car à mesure que la bande de roulement s’use, elle dissipe dans l’atmosphère des particules qui contiennent des substances potentiellement polluantes.
 
Des pneus au maïs ?
Le pneu de demain restera majoritairement fabriqué à base de caoutchouc synthétique, mais le mélange de sa gomme inclura davantage de composants «bio». Aujourd'hui, les principales matières premières utilisées dans la fabrication des pneumatiques sont le noir de carbone et la silice. Les ressources non renouvelables, comme le pétrole, entrant dans la production de pneumatiques génèrent des émissions de CO2.  Les études des manufacturiers prévoient le remplacement partiel du noir de carbone et de la silice par des matériaux «bio». Le projet BioTyre, initié par Goodyear en collaboration avec BMW et la société italienne Novamont, vise à remplacer la silice par un nouveau matériau qui a pour particularité d'utiliser une base d'amidon (extrait du maïs) remplaçant, pour partie, le noir de carbone et la silice traditionnellement utilisés dans la conception des pneumatiques. Cela permet de diminuer fortement les émissions de CO2 générées lors de la fabrication du pneu. Ce pneu «aux extraits de maïs» devrait être commercialisé incessamment. Goodyear étudie également le développement d’un pneu fabriqué à partir de biomasse renouvelable, un composant nommé BioIsoprene, qui constitue une alternative àl'isoprène pétrochimique qui intervient habituellement dans la fabrication du caoutchouc synthétique. La technologie BioIsoprene de Goodyear devrait être commercialisée en 2013.dans la fabrication du caoutchouc synthétique. La technologie BioIsoprene de Goodyear devrait être commercialisée en 2013.
 
Un label «éco»
La Commission européenne a décidé d’instaurer un système d’étiquetage qui informe les consommateurs sur les performances énergétiques et sécuritaires des pneus. Le but est de permettre aux usagers de comparer facilement les produits et d’encourager l’achat de pneus à faible résistance au roulement, qui permettent de diminuer la consommation de carburant du véhicule (on relève jusqu’à 10% d’écart de consommation entre les meilleurs et les moins bons pneus sur le marché) et donc également ses rejets de CO2.
Concrètement, à partir de novembre 2012, tous les nouveaux pneus vendus en Europe devront être classés et étiquetés en fonction de leurs performances énergétiques, en tenant également compte de leur adhérence sur sol mouillé et de leurs performances sonores. Un système d'étiquetage similaire à celui des appareils électroménagers (A, B, C…) permettra aux acheteurs de comparer les caractéristiques des pneus. Selon la Commission, l’usage à grande échelle de pneus à faible résistance au roulement permettrait de diminuer les émissions de CO2 de l’ordre de 1,5 à 4 millions de tonnes par an en Europe.

30/08/2010  |  Olivier Maloteaux