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Les tendances du remarketing : l’état, les conducteurs et la vague écologique…

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Le remarketing ou, en termes plus clairs, le fait de se débarrasser de voitures en fin de contrat au meilleur prix possible pour la société de leasing et le gestionnaire de flotte. Quelle est précisément la situation actuelle ? Les experts en remarketing de notre panel soulèvent un coin du voile sur les facteurs qui influencent cet élément primordial sur le plan financier pour l’ensemble du domaine des coûts de possession d’une flotte.

Il est évident que les valeurs résiduelles ont souffert de la crise économique mondiale. Comme en ont témoigné les diverses bourses, toute l’économie mondiale a perdu des valeurs financières considérables et cela n’a pas épargné des centaines de milliers de voitures d’occasion. Or, cette médaille possède également un revers paradoxal dans certaines régions, comme l’explique Steffen Schick, directeur général divisionnaire chez EurotaxGlass : « Sur des marchés tels que le Royaume-Uni, nous avons connu une demande temporairement excédentaire par rapport à l’offre, laquelle a conduit à une véritable surchauffe du marché des véhicules d’occasion mais cette situation s’est entre-temps à nouveau normalisée. Sur divers marchés, les campagnes de mise à la casse 2009/10 causent encore des distorsions au niveau des modèles de valeur résiduelle. »
 
La stabilité
 
Un retour à la stabilité qui permet aux gestionnaires de flotte et aux sociétés de leasing de négocier à nouveau avec une certaine forme de confiance est le souhait le plus cher de chacun. Des signes en ce sens semblent se manifester. Peter Soliman, CEO de Fleet Logistics : « Après un énorme recul des valeurs résiduelles, le marché a trouvé sa stabilité. En règle générale, les sociétés de leasing ne font pas de pertes lors du remarketing et le segment des ventes des catégories supérieures se porte mieux. Au fil des derniers mois, la demande de voitures d’occasion a augmenté en Europe et dans d’autres pays cibles importants. » Le déficit au niveau de la fourniture de voitures neuves en 2009 a également incité les négociants à se débarrasser des stocks existants et cet élément a eu son propre effet sur les valeurs au début de l’année 2010 selon Peter Groeftehauge, CEO d’Autorola Group : « Le premier semestre 2010 a été remarquablement bon en termes de demandes émises par les acheteurs de véhicules de seconde main. En moyenne, les prix ont progressé d’environ 10 % par rapport à 2009, même pour les voitures relativement peu demandées. »
 
L’influence des conducteurs
 
Depuis peu, les sociétés de leasing prêtent bien plus attention aux conducteurs individuels que par le passé, allant même jusqu’à traiter directement avec eux en court-circuitant le gestionnaire de flotte (avec son approbation !). Cependant, le but de cette action n’est peut-être pas exclusivement altruiste. En effet, les conducteurs sont les personnes qui utilisent effectivement les voitures et ont également un rôle à jouer sur le plan du maintien des valeurs résiduelles. Johan Meyssen, CEO de CarsOnTheWeb, nous explique le côté pratique de cet aspect : « Il va sans dire que les véhicules en bon état attirent toujours plus les acheteurs. Les voitures doivent être aussi propres que possible (en particulier à l’intérieur). » Jonathan Holland, directeur général de Manheim Europe, partage cet avis : « Les conducteurs devraient prendre soin de leur voiture comme si elle leur appartenait ! Il convient de la laver, de l’entretenir régulièrement, de réparer le moindre dégât dès qu’il apparaît, de rouler prudemment et sans pousser le véhicule dans ses retranchements. Pour terminer, si le conducteur fume, il doit éviter de le faire dans la voiture. Une étude a montré que les voitures de fumeurs ne récoltent pas les meilleures offres même lorsqu’elles sont en parfait état, en raison de l’odeur persistante. »
 
La vague écologique…
 
La question des valeurs résiduelles probables de la dernière génération de véhicules propres (et les plus écologiques) ou électriques reste ouverte. Mais qu’en est-il de tous les autres, des divers modèles labellisés écologiques et « blue » ? Selon Jonathan Holland, une incertitude demeure également à ce titre : « Cet aspect est compliqué à évaluer pour l'instant car cette année a connu très peu d’exemples de vente jusqu’à présent mais Manheim s’attend à des volumes plus importants en 2011 et 2012. Le prix des voitures de série dotées de certificats verts augmentera en fonction de la progression de la demande sur le marché de l'occasion. » L’élément fiscal aura également son mot à dire, explique Peter Soliman : « À l’avenir, les voitures écologiques devraient réaliser de meilleures performances que les véhicules traditionnels sur le marché de l’occasion. De nombreuses sociétés de leasing s’attendent à une augmentation des taxes ou limitations pour bon nombre de voitures/motorisations durant la prochaine période de leasing, raison pour laquelle elles ont tendance à promouvoir les voitures ‘plus écologiques’. » Johan Meyssen envisage la question sous un angle partiellement différent : « L’incidence des véhicules écologiques sur les marchés des voitures d’occasion sera très restreinte durant les trois à cinq prochaines années. Les volumes que ces voitures représentent resteront plutôt réduits. L’accent sera mis (tant du côté de l’offre que de la demande) sur les voitures équipées de moteurs à combustion classiques. Cependant, il coule de source que l’attrait et la valeur du marché de véhicules équipés de moteurs de grosse cylindrée, gourmands et polluants continuera à décroître. »
 
Les réparations et la responsabilité
 
Tout le monde sait que les voitures sont endommagées durant leur période de leasing. Cela pose la question de la politique du gestionnaire de flotte en ce qui concerne les réparations. Sur ce point, nos experts en gestion de flotte sont unanimes. Peter Groeftehauge : « Pendant la durée du contrat, il faut réparer autant que faire se peut, être très critique quant à la qualité des réparations (surtout la peinture). Au terme du contrat, ne pas réparer de quelconques dégâts mais uniquement faire un nettoyage. » Et Johan Meyssen d’ajouter : « Lorsqu’une voiture subit une réparation de carrosserie, il est crucial qu’elle soit réalisée de façon professionnelle. Les acheteurs n’accepteront pas des travaux de peinture de mauvaise qualité. Pour terminer, il est important de mettre le véhicule sur le marché avec un historique d'entretien bien documenté (qui mentionne également les réparations mécaniques et de carrosserie). »
 
Le conducteur paie…
 
Le fait d’impliquer le conducteur dans les frais de réparation est  considéré comme une bonne façon de limiter les dégâts. Inclure des mesures incitatives et des systèmes de pénalité dans le propre contrat du conducteur peut non seulement aider à éviter des dégâts mais également à maintenir de meilleures valeurs résiduelles. Faire payer le conducteur lui-même (ou la conductrice elle-même) pour les dégâts occasionnés et assurer un processus d’inspection minutieux à la fin du contrat en faisant approuver le rapport à la fois par la société et par le conducteur est également envisagé afin d’assurer que la voiture entre sur le canal de remarketing choisi dans le meilleur état possible. Bien qu’elle concède que le conducteur a un rôle à jouer, EurotaxGlass’s débute par une mise en garde : « L’influence des conducteurs sur la valeur résiduelle de véhicules en fin de leasing est réduite. Leur plus grand apport est de créer une transparence interne quant aux dégâts subis par leur voiture afin que la décision relative à la question de savoir « quelles réparations effectuer et comment » puisse être prise à temps et de façon réfléchie. En outre, les conducteurs peuvent promouvoir les valeurs résiduelles en fournissant des informations pertinentes sur le kilométrage tout au long de la période d'utilisation afin d'aider à optimiser la planification du retour. Pour terminer, la valeur résiduelle d'une voiture bien entretenue sera toujours plus élevée… »

25/11/2010  |  Tim Harrup
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