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Les utilitaires légers dans la construction

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Les constructeurs d’utilitaires légers doivent aussi s’adapter à la vie de chantier. Certaines marques assurent des aménagements en usine et la plupart des importateurs proposent des transformations dans leur réseau, mais les spécialistes indépendants ont encore leur mot à dire pour les aménagements spéciaux.

L’architecture de véhicule la plus recherchée dans le secteur de la construction est le châssis-cabine (simple ou double) doté d’une benne, dans laquelle s’entassent au grand air les matériaux, mais aussi l’équipement des ouvriers. La plupart des constructeurs proposent le montage d’une benne en usine. Pour des équipements plus spécifiques (benne basculantes, élévateurs, etc.), il faudra dans la plupart des cas passer par les sociétés spécialisées, qui proposent des transformations sur mesures.

Des transformations intégrées  

On ne va pas exposer ici en détail l’offre du marché en matière de châssis-cabine. Celle-ci est bien trop vaste. La plupart des constructeurs d’utilitaires légers proposent en effet cette déclinaison dans leur gamme, y compris sur des véhicules compacts : Fiat vient par exemple de développer le nouveau Doblò Work-Up.

Mais pour les chargements plus volumineux, les véhicules dérivés de fourgons conviennent évidemment mieux. Et, comme les matériaux de construction sont lourds, mieux vaut opter pour un véhicule de type propulsion. En effet, avec cette architecture, le train arrière, sous le poids de la cargaison, adhère mieux au revêtement, alors que le train avant des modèles traction se déleste sous la charge, ce qui nuit à la motricité. Les camions légers, comme le Mitsubishi Fuso Canter, par exemple, offrent encore une meilleure résistance à la charge que celle des fourgonnettes, grâce à leur châssis très robuste.

Les transformations sont souvent directement intégrées dans le catalogue de l’importateur, comme l’explique Marc Donner, Marketing Manager des véhicules utilitaires Volkswagen chez D’Ieteren : « Afin de répondre à la demande de la clientèle et à la diversité des transformations, nous proposons trois types de solutions. Nous offrons d’abord un choix étendu d’aménagements et de transformations dès la sortie de l’usine, dont des bennes pour pick-up. Par ailleurs, nous disposons aussi à Erps-Kwerps de notre propre Transformation Center, où nous effectuons des travaux très variés, comme le placement de planchers et de parois en bois ou d’étagères, l’aménagement de doubles cabines, de versions pick-up, de hayons élévateurs, etc. Enfin, pour les transformations très pointues, nous faisons appel à des sociétés spécialisées ».

Un prix transparent

Si tous les constructeurs ne proposent pas les aménagements en usine, la plupart des importateurs offrent cette possibilité dans leur réseau. Le montage est alors réalisé en Belgique, en collaboration avec des sociétés spécialisées (voir cadre). Les avantages sont multiples pour le client : pas besoin de faire le tour des sociétés de transformation, un seul interlocuteur (le concessionnaire), une garantie gérée par l’importateur et un prix fixé à l’avance, sans modification de tarif lors de la réception du véhicule, comme on l’explique chez Citroën Belux : « Nous proposons dans l’ensemble de notre réseau des véhicules transformés à prix nets dans notre gamme Easy Pack, qui comprend des modèles avec caisses, plateaux, etc. Cette gamme d’aménagements standards simplifie le choix du client et garantit le prix le plus compétitif possible. Dans le cadre de la gamme Easy Pack, nous avons des accords avec des carrossiers nationaux et internationaux, mais aucun contrat d’exclusivité : il nous arrive de travailler avec différents carrossiers pour les mêmes transformations ».

Nouvelles procédures d’homologation

D’après les acteurs du secteur, le marché des VUL transformés se porte bien. « Le marché du véhicule utilitaire est en croissance et, de ce fait, nous avons plus de demandes de transformations que l'année dernière », nous dit-on chez Citroën. Chez Mercedes, « on constate que les ventes du Sprinter châssis-cabine, bien adapté au secteur de la construction, sont en hausse ».

Le marché est aussi en train de s’adapter à la nouvelle réglementation européenne en matière d'homologation des véhicules avec transformation (directive-cadre CE/2007/46). « Dans un avenir très proche, de nombreux aménagements ne pourront plus être réalisés que par des transformateurs certifiés par les autorités et pouvant justifier une "conformity of production" (COP). Les véhicules transformés ne pourront être immatriculés qu'au terme d'une réception en plusieurs phases impliquant la responsabilité du constructeur pour l'homologation du véhicule de base et celle du transformateur pour l'homologation de l’aménagement », détaille-t-on chez Ford.

Cette nouvelle législation va modifier les règles du marché. « Nous prévoyons des délais de livraison plus longs avec l’arrivée des véhicules nécessitant une homologation européenne», déclare-t-on chez Fiat, où l’on estime que le marché va évoluer vers des produits plus standardisés. Un avis partagé chez Peugeot : « La tendance au niveau du groupe PSA est de développer des véhicules transformés en usine. Le premier de la liste, déjà disponible, est le Boxer Tipper, doté d’une benne basculante de 3,20 m ».

Chez Mitsubishi Fuso (qui ne transforme pas de véhicules en usine mais propose dans son réseau des aménagements tels que plateaux, ridelle et tri-benne, etc.), on prévoit que « la plus grande évolution dans le secteur sera la diminution du poids des aménagements. Les sociétés de transformation devront trouver des solutions pour contenir ce poids ». Quoi qu’il en soit, on voit que le marché des véhicules utilitaires légers adaptés au secteur de la construction tourne bien et s’adapte à son temps.


05/09/2011  |  Olivier Maloteaux

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