En tant que nouveau Président de la FEBIAC, Thierry van Kan sest fixé trois objectifs majeurs : faire évoluer limage de lautomobile, assurer la rentabilité du secteur et attirer les jeunes vers les métiers automobiles.
1. M. van Kan, parallèlement à votre fonction de CEO D’Ieteren Auto, vous êtes le nouveau Président de la FEBIAC depuis le 22 juin dernier. Quelle seront vos priorités pour les trois années à venir ?
T. van Kan : En dehors du traitement des dossiers récurrents comme la fiscalité, la sécurité et la mobilité, je crois qu’il est impératif de faire évoluer l’image de la voiture. L’automobile, la moto et les camions sont des cibles faciles et systématiquement montrées du doigt en matière de pollution. Pourtant, c’est un des secteurs qui a réalisé les progrès les plus significatifs en matière environnementale ces dernières années. L’automobile est en pleine mutation. La voiture de demain sera propre, communicante, télématique et électrique. La FEBIAC, avec son Salon, possède un magnifique outil pour promouvoir cette nouvelle image.
2. Le formateur Elio Di Rupo envisage probablement une imposition majorée pour les voitures de société. Quelle est la position de la FEBIAC à cet égard ?
T. van Kan : Notre point de vue est clair : ce n’est pas de ce côté qu’il faut aller chercher de l’argent. La voiture de société est une compensation de la taxation exagérée sur le travail dans notre pays. Attention aussi aux amalgames. On dit souvent que la moitié des voitures roulant en Belgique sont des véhicules de société. En réalité, environ 20% du parc est composé de véhicules avec numéro de TVA. Ce chiffre comprend les indépendants et les PME. Il inclut donc les utilitaires qui sont des outils de travail. Les véritables voitures-salaires, il y en a entre 300.000 et 400.000. Elles changent tous les 3 ou 4 ans. Il s’agit donc de voitures récentes, et peu polluantes. Si on change la taxation sur les voitures de société, elles seront remplacées par des voitures privées qui resteront plus longtemps en circulation et impacteront davantage leur environnement.
3. La mobilité est l’un des chevaux de bataille de la FEBIAC. Quel est pour vous la mesure primordiale à prendre par notre ou nos gouvernement(s) ?
T. van Kan : Accélérer la mise en place d’un RER performant ! Nous avons toujours été favorables à la mobilité multimodale, mais il faut s’en donner les moyens. Les infrastructures font terriblement défaut en Belgique, il faut sérieusement réfléchir à la réorganisation du trafic.
4. La FEBIAC doit donc concilier différents points de vue ?
T. van Kan : Ma fonction s’inscrit dans la continuité de celle de mon prédesesseur, Pierre-Alain de Smedt, même si nous avons chacun notre sensibilité. Il est issu du secteur de la production et moi de celui de la distribution. FEBIAC continuera à être à l’écoute des différents secteurs et à jouer notre rôle d’interlocuteur auprès du monde politique. La Fédération doit faire preuve de réalisme de clarté et de transparence auprès du public. Ne cachons pas nos défis, mais trouvons des solutions et défendons-les.
5. A titre personnel, dans quelle voiture roulez-vous ? Et pourquoi ?
T. van Kan : Je suis un privilégié, et j’ai la possibilité de changer de véhicule tous les 4 à 5 mois. Je choisis mes voitures en fonction de la saison : une Audi quattro en hiver, un cabriolet en été et une plus petite voiture ‘type Golf’ à l’automne. J’utilise aussi régulièrement un scooter Yamaha pour mes déplacements en ville. Et même parfois le train lorsque cela s’avère nécessaire.
| 24/08/2011 | Frédéric De Backer