BlueMotion, ECOnetic, Greenline, Eco2, etc., les versions «green» chez les constructeurs automobiles se multiplient. Ces variantes assurent-elles une meilleure valeur résiduelle ? Et qu’en est-il des voitures hybrides et des imminents modèles électriques ? On fait le point avec Jean Thomas, CEO du groupe Macadam Automotive Support.
Comme chacun le sait, la valeur résiduelle d’un véhicule de société conditionne en grande partie son loyer mensuel. Mais cette valeur résiduelle est fixée en début de contrat et peut évoluer au fil du temps. La crise économique a en effet revu la valeur de revente des voitures d’occasion à la baisse. Et certains types de modèles avaient déjà connu une baisse de leur valeur résiduelle avant la crise économique. Il importe donc de choisir des véhicules neufs qui resteront attractifs sur le marché de l’occasion. Les voitures «green» seront-elles les «secondes mains» idéales de demain ?
Le creux se comble
Avant toute chose, posons le contexte général. Le marché de l’occasion a connu une très grande dévaluation entre fin 2008 et fin 2009. On parle d’une diminution des prix de 20 à 25%. «Sur le marché européen, on a noté une baisse moyenne d’environ 1.800 € par véhicule», précise Jean Thomas, CEO chez Macadam Automotive Support, spécialisé dans les services logistiques automobiles.
«Depuis lors, on constate une légère remontée : + 700 à 1.000 € par voiture. Le creux se comble doucement, mais nous restons toutefois toujours loin des valeurs de revente d’avant 2008».
Que valent les labels «green» ?
Si l’on peut s’attendre à une remontée de la valeur résiduelle dans les années à venir, certains modèles resteront sensiblement plus recherchés que d’autres. Les variantes «green», qui connaissent un grand succès partout en Europe sur le marché du véhicule neuf seront-elles les voitures d’occasion idéales de demain ?
«Il faut d’abord voir ce que recouvrent ces labels éco», prévient Jean Thomas. De fait, certains n’ont d’«éco» que le nom, tandis que d’autres profitent de réelles adaptations techniques abaissant la consommation de carburant (rapports de boîte allongés, pneus à faible résistance au roulement, etc.). «Il faut aussi garder en mémoire que ces modèles green ne sont intéressants pour le client que dans la mesure où ils donnent droit à des primes d’Etat. Sur le marché européen de l’occasion, ces primes sont souvent inexistantes. Par ailleurs, les primes reçues lors de l’achat font baisser le prix du véhicule neuf, ce qui diminuera aussi sa valeur résiduelle. C’est un peu le même principe que pour les véhicules neufs qui sont bradés : leur valeur résiduelle est forcément amputée dès le départ», analyse Jean Thomas, qui semble donc se méfier des labels «green». «Ce qui compte, ce n’est pas le label écologique, mais l’économie réalisée à l’usage. Car soyons clairs : sur le marché, l’économique prime sur l’écologique».
Hybrides et électriques ?
Ici aussi, Jean Thomas est sceptique : «le marché se pose toujours des questions sur la valeur résiduelle des voitures hybrides. Ça marche dans certains pays, mais pas dans d’autres. Tout dépend des subsides. Ceux-ci ne sont pas éternels et ne sont souvent pas proposés sur le marché de l’occasion, où les véhicules hybrides sont donc moins recherchés, d’autant que le public a souvent peur que cette technologie se révèle coûteuse à l’entretien».
Quant aux voitures électriques, la situation est encore plus incertaine, vu qu’aucun modèle n’est actuellement commercialisé. «C’est évident que nous allons vers la voiture électrique, mais elle restera marginale sur le marché pendant plusieurs années encore. Et sa valeur résiduelle est actuellement très difficile à estimer. Un grand point concerne le statut des batteries : seront-elles revendues avec le véhicule ou resteront-elles la propriété du constructeur ? Cela influencera grandement la valeur de revente, car sans ses batteries, un véhicule électrique ne vaut presque plus rien !», assure Jean Thomas.
Les valeurs sûres
Bref, selon Jean Thomas, les labels «green» ne sont pas systématiquement gages d’une forte valeur résiduelle. Ce que recherche le marché, ce n’est pas une voiture écologique, mais bien un véhicule économique à l’usage. «En Europe, la valeur sûre, c’est une voiture polyvalente, c’est-à-dire multi-usage, aussi à l’aise en ville que sur route, et animée par un moteur de petite cylindrée, consommant peu de carburant. Sur le marché européen, à part aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne, le Diesel reste Roi. Et le gazole est encore plus prédominant dans le secteur Fleet, car il autorise une plus grande flexibilité. Pour conserver une bonne valeur résiduelle, il importe aussi de choisir une marque reconnue, profitant d’une image solide», conclut Jean Thomas.
| 25/11/2010 | Olivier Maloteaux